Notoriété, une répartition plus équitable est-elle possible ?

3/3 Lorsqu’une infime minorité d’artistes jouit d’une notoriété élargie et que l’immense majorité reste cantonnée dans l’anonymat, il y a concentration excessive du capital-notoriété. Quelles en sont les conséquences ?
Les conséquences macro-économiques:
Pour les artistes, la notoriété obéit à des lois qui n’ont rien à voir avec la méritocratie (voir l’article Notoriété et légitimité). Mais elle amplifie les écarts de revenus même lorsque les écarts de talents sont faibles. Donc ceux qui tirent le gros lot reçoivent des rémunérations mirobolantes (voir l’article Notoriété et influence). Les autres artistes qui ne récoltent que des miettes, sont contraints de :
- exercer un deuxième métier alimentaire
- quémander des subventions publiques ou des prestations sociales
Imaginons une société sans star-système
Une grande majorité gagnerait des revenus qui leur permettraient de vivre de leur art, mais sans luxe, juste de quoi se loger, se nourrir et se soigner.
Ils cesseraient d’exercer des métiers alimentaires, ce qui laisserait des places vacantes pour d’autres, et diminuerait le chômage. Quant aux prestations sociales, les artistes n’en auraient pas besoin.
Donc si le capital-notoriété était moins concentré entre les mains d’une minorité, les effets macro-économiques seraient bénéfiques. Un recensement est difficile mais il s’agit de plusieurs millions de personnes, ce qui n’est pas négligeable.
Que faudrait-il pour y arriver ?
Que faudrait-il pour les artistes puissent bénéficier d’une notoriété moyenne, mieux répartie entre eux, sans stars et sans anonymes ?
- Il faudrait tout d’abord que les artistes soient reconnus pour les bienfaits qu’ils apportent, et pas simplement en tant qu’animateurs socio-culturels ou enseignants, mais en tant que créateurs.
- Il faudrait un changement de mentalité, moins de conformisme, plus de curiosité et d’ouverture d’esprit.
- Il faudrait que les gens se rendent compte que les classements et les palmarès n’ont aucun sens.
- Il faudrait que chacun se préoccupe de ce qui est profond en lui-même, et non de ce que les autres font, pensent et aiment. Au lieu d’acheter un livre parce que c’est un best-seller, chacun se servirait de son intuition et sortirait des sentiers battus. Autrement dit chacun pourrait privilégier sa nécessité intérieure (notion chère à Kandinsky) plutôt que la nécessité extérieure. L’individu ne chercherait plus à se rassurer auprès du groupe.
C’est du rêve, de l’utopie, me direz-vous…
Un gaspillage de talent et de créativité
En économie, une concentration de capital trop excessive finit par gripper la machine économique. Pour le capital-notoriété, c’est la même chose. Une concentration trop excessive rend difficile l’émergence de nouveaux venus, cela grippe la créativité, la curiosité et l’innovation.
Cela ne fait que conforter les positions dominantes, c’est-à-dire ceux qui ont acquis un statut de référence collective. C’est non seulement injuste mais c’est un immense gaspillage de talent, de créativité et de potentiel d’innovation.
Ce star-système n’est jamais que le produit du schéma mental moutonnier de notre société. Est-il possible de le voir évoluer ? Ou est-ce une utopie ? Qu’en pensez-vous ? Personnellement, je suis convaincue que les croyances collectives peuvent évoluer. Et vous ?
PS: Solange Saint Arroman a laissé un commentaire passionnant sur cette question. Vous pouvez le lire aussi dans les commentaires ci-dessous…
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